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Détection des chaleurs

Outils de monitoring et surveillance

Une bonne détection des chaleurs pour organiser l'insémination

insémination animale
détection des chaleurs

On appelle communément « détection des chaleurs » le repérage des signes comportementaux précédant l’ovulation de la vache (libération d’un ovocyte à un intervalle plus ou moins régulier de l’ordre de 21 jours mais qui peut fluctuer en fonction de l’animal, de sa race, de sa parité ou de son statut physiologique) en vue de la réalisation d’une insémination. La détection des chaleurs constitue une étape clé de la mise à la reproduction des troupeaux pratiquant l’insémination animale (IA) qui repose sur deux composantes qui interagissent : l’expression de l’œstrus par les vaches et la surveillance des vaches par l’éleveur. Une bonne détection des chaleurs nécessite une bonne connaissance des signes comportementaux suivants :

  • L’acceptation du chevauchement (immobilisation de l’animal quand il est chevauché par un congénère) : signe le plus spécifique de l’œstrus, mais rare et fugace. Si une vache exprime ce comportement, elle est considérée en chaleurs et doit être inséminée.
  • Les signes sexuels secondaires (flairage et léchage de la zone génitale, flehmen, pose de la tête sur la croupe) et le chevauchement d’autres congénères : signes moins spécifiques mais exprimés beaucoup plus fréquemment que l’acceptation du chevauchement. Si une vache exprime au minimum 3 de ces comportements sur une période d’observation, elle est considérée en chaleurs et doit être inséminée.
  • Le temps passé debout : bon indicateur de l’œstrus sous peine d’arriver à le chiffrer. A utiliser en association avec d’autres signes pour conforter sa prise de décision.
  • Les comportements sociaux : signes fréquemment exprimés en dehors des périodes de chaleurs. A utiliser avec précaution et uniquement en complément des signes de chaleurs plus spécifiques.
  • Les glaires : signe très peu spécifique de l’œstrus et donc peu fiable. A utiliser avec beaucoup de précaution et uniquement en complément des signes de chaleurs plus spécifiques.

Des défauts d’expression des chaleurs sont de plus en plus fréquents dans les troupeaux laitiers, avec notamment une durée d’expression des chaleurs qui est passée de 18-20 heures dans les années 80 à seulement 4-8 heures aujourd’hui entre la première et la dernière acceptation du chevauchement. De plus, une cyclicité irrégulière liée à des anomalies de cyclicité et une expression des chaleurs plus discrètes (seules 6 ovulations sur 10 sont accompagnées d’une AC en race Holstein) ne favorisent pas la détection des chaleurs. Dans les troupeaux allaitants, les problèmes liés à l’expression des chaleurs sont moindres que dans les troupeaux laitiers. En effet, les chaleurs sont généralement exprimées de façon plus nette et les anomalies de cyclicité sont plus rares. En revanche, la reprise de cyclicité post-partum liée à la présence du veau est plus tardive : seules 68 % des vaches Charolaises sont cyclées à 50 jours post-partum contre 79 % des vaches Prim Holstein et 92 % des vaches Normandes.

Même si la détection des chaleurs est une activité indispensable à l’utilisation de l’IA, elle n’en est pas moins affectée par l’agrandissement de la taille des troupeaux bovins et la concurrence avec d’autres ateliers, limitant ainsi le temps disponible par animal et par unité de main d’œuvre. Or, les conséquences d’une mauvaise surveillance des chaleurs par l’éleveur peuvent se traduire par des impacts zootechniques importants sur la fertilité avec des IA réalisées sur des chaleurs hors période d’œstrus et/ou sur la fécondité avec l’allongement du délai de mise à la reproduction à cause de chaleurs non vues. En Amérique du Nord, les grands troupeaux ont adopté, pour s’affranchir de la détection des chaleurs, une conduite de la reproduction sur chaleurs induites par utilisation de traitements hormonaux systématiques, alors qu'en France l’utilisation des traitements de maîtrise des cycles ne concerne que très peu des vaches laitières inséminées, principalement afin d’avancer et de regrouper les périodes de vêlages. Dans le même objectif de faciliter le repérage des femelles à inséminer, la détection automatisée des chaleurs a fait l’objet d’avancées technologiques notables avec un panel d’outils à disposition des éleveurs de plus en plus large comme par exemple les détecteurs d’activité qui permettent, grâce à des capteurs placés sur l’animal, une surveillance en continue des femelles. En cas de suractivité physique liée à l’expression des comportements de chaleurs, le dispositif émet alors une alerte à destination de l’éleveur qui décide de mettre ou non l’animal à la reproduction. Ces outils automatisés d’aide à la détection des chaleurs permettent aux éleveurs ne pouvant ou ne voulant pas dégager du temps de surveillance, d’afficher de bons taux de détection. Afin d’optimiser les performances de détection, il est aujourd’hui conseillé de combiner surveillance visuelle de l’éleveur et utilisation de ces outils de monitoring dont les alertes doivent être confirmées par des règles de décisions prenant en compte l’historique et le niveau d’activité de chaque animal.

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  • pourquoi inséminer les vaches

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